Historique PIMIT

L’Unité de Mixte de Recherche « Processus Infectieux en Milieu Insulaire Tropical, acronyme PIMIT » a été créée au 1er janvier 2015 et est quadri tutelle (Université de La réunion, INSERM U1187, CNRS 9192, IRD 249). Elle est localisée à Saint-Denis La Réunion sur le site du CYROI (Cyclotron de La Réunion, 2 rue Maxime Rivière, 97490 Ste Clotilde). Cette unité de 36 membres (20 chercheurs et enseignants-chercheurs 2,5 techniciens) mène des recherches sur les risques infectieux endémiques et émergents à La Réunion et dans les îles du Sud-Ouest de l’Océan Indien en développant une démarche multidisciplinaire et systémique. Son objectif est de décrire selon l’approche intégrée dite « One Health », les processus infectieux survenant chez l’homme en prenant en considération les réservoirs animaux émetteurs de pathogènes zoonotiques, les écosystèmes  dans lesquels ils évoluent et leur dynamique propre. Cela implique une investigation bioclinique, épidémiologique et écologique. Les programmes de recherche visent à identifier les facteurs microbiologiques, génétiques, entomologiques, écologiques et anthropiques qui concourent à l’émergence infectieuse, à sa diffusion épidémique et/ou son maintien endémique ainsi que la compréhension des mécanismes immunopathologiques et moléculaires qui participent à la diversité d’expression clinique de l’infection chez l’hôte. PIMIT est structurée en 2 équipes de recherche : Equipe Dynamique des Systèmes Infectieux Insulaires (acronyme DySIIs) et Equipe Immunopathologie Infectieuse en zone Tropicale (acronyme I2T) qui participent au développement de la recherche en santé et environnement sur les maladies infectieuses par la mise en place de programmes de recherche fondamentale et translationnelle avec les chercheurs et enseignants-chercheurs, les praticiens hospitaliers, le personnel technique, les étudiants, et les acteurs de santé publique (CIRE, ARS, CIC).


PIMIT résulte de la fusion de deux entités présentes sur l’île de La Réunion : le GIS CRVOI (Centre de Recherche et de Veille sur les maladies infectieuses dans l’Océan Indien) créé en 2007 et implanté au CYROI et l’EA4517 GRI (Groupe de Recherche en Immunopathologie) de l’Université de La Réunion qui date de 2010. Ces deux structures s’investissaient dans l’étude des maladies infectieuses émergentes par des approches complémentaires qui se poursuivront dans l’unité PIMIT. L’action de l’UMR PIMIT a une vocation régionale, ouverte sur les risques infectieux prévalent dans le SOOI et les pays environnants, en particulier de la Côte Est de l’Afrique. Elle inscrit son action dans le partenariat national, européen, et international pour la recherche sur les risques infectieux en milieu insulaire y compris ceux émergents en renforçant les capacités de lutte et d’intervention en SOOI.

 
 Equipe 1 : Dynamique des Systèmes Infectieux Insulaires (acronyme DySIIs)
En écologie de la santé, l’équipe DYSIIS (dirigée par Patrick Mavingui et Pablo Tortosa) focalisera ses recherches sur deux thèmes : (i) l’étude de la dynamique de transmission infectieuse et de la transgression de la barrière d’espèces par l’investigation du rôle des facteurs biotiques (chauves-souris, Rattus) et abiotiques (environnement) comme réservoirs et sources d’agents viraux (paramyxovirus, coronavirus, lyssavirus) et bactériens (leptospires) à potentiel d’émergence et (ii) l’écologie et l’évolution des pathosystèmes vectoriels, en particulier ceux impliquant les moustiques vecteurs d’arbovirus dont les données épidémiologiques indiquent des patrons de transmission contrastés entre les îles du SOOI. Nous étudierons à cet effet la modulation de la compétence vectorielle par son holobionte  (génome du vecteur en interaction avec son microbiome).


Equipe 2 :  Immunopathologie Infectieuse en zone Tropicale (acronyme I2T)
En santé humaine, l’équipe I2T (dirigée par Philippe Desprès) développera des recherches sur les mécanismes immuno-physiopathologiques impliqués dans les formes sévères ou particulières de la Fièvre de la Vallée du Rift, du Chikungunya et de la leptospirose selon deux approches : (i)  exploration de la modulation des réponses immunes et inflammatoires cutanées par des facteurs exogènes (application de répulsifs) et des facteurs endogènes de l’hôte, (ii) étude des marqueurs d’autoimmunité et de l’inflammation associés aux pathologies chroniques post-infectieuses, en particulier les arthropathies chroniques du Chikungunya. Dans ce dernier cas, le rôle des macrophages dans la persistance virale et la pérennisation de la réaction inflammatoire sera étudié sur des modèles in vitro, in situ sur biopsies synoviales et in vivo sur modèles infectieux expérimentaux chez la souris et le macaque.


Les activités de services et d’innovation.
Les investigations mobiliseront diverses méthodologies, notamment des approches transversales relevant de : (i) la génomique et la post-génomique, (ii) l’imagerie cellulaire structurale et fonctionnelle, (iii) les explorations biocliniques et l’identification de biomarqueurs ainsi que les suivis de cohortes (iv) les infections expérimentales sur modèle animal et  v) les applications biotechnologiques. L’UMR veillera à transformer les connaissances acquises en informations pertinentes pour l’élaboration des politiques de santé et en instruments d’action utiles aux acteurs de santé : évaluation du risque infectieux et sa prévention, amélioration et développement d’outils performants pour la détection des pathogènes considérés, marqueurs immunopathologiques et la mise au point d’outils de diagnostic innovants mieux adaptés à l’environnement microbien infectieux de la région SOOI.


L’utilité sociale de l’UMR passe par des partenariats avec les pays en développement de la région et implique une offre d’expertise spécialisée dans le domaine des maladies infectieuses. C’est l’objectif de la fonction service de l’UMR qui comportera les actions suivantes : (i) ingénierie de formation en biosciences à vocation régionale (cours intensifs théoriques et pratiques), (ii) panoplie diagnostique adaptée au contexte d’émergence de profils endémiques ou épidémiques et au niveau du développement de la région, (iii) accord de partenariat avec les CNR pour les pathogènes d’intérêt régional, (iv) hébergement de projets dans le cadre d’accords inter-UMRs et régionaux. La plateforme technologique très élaborée du CYROI permet d’envisager des développements biotechnologiques innovants en particulier dans le domaine des outils diagnostics et du contrôle vectoriel.


Les retombées scientifiques, techniques et économiques


            - Retombées scientifiques et biomédicales
Le programme de PIMIT couvre un domaine hautement stratégique,  celui des maladies infectieuses émergentes et occurrentes à risque épidémique. Les approches conceptuelles et méthodologiques menées par PIMIT sont pluridisciplinaires (santé, biosciences, écologie, biodiversité-environnement). L’UMR PIMIT s’inscrira à l’interface inter-académique entre les Facultés de sciences et de Santé et le CHU. Elle bénéficie de son implantation directe en zone d’émergence avec un accès de proximité aux riches écosystèmes insulaires avoisinants au sein d’un host spot de biodiversité mondiale. PIMIT a la spécificité rare de s’investir sur l’impact des spécificités insulaires sur les maladies infectieuses. Le partenariat avec le CIC-EC et les équipes HU permet la mise en place d’approches médicales originales basées sur le suivi de cohortes prospectives en populations qui seront autant de réseaux sentinelles mobilisables rapidement en cas d’imminence d’épidémies. A ce prix, l’île de La Réunion pourrait gagner une visibilité internationale par sa capacité à activer rapidement des programmes de recherche permettant de faire les constatations originales en situation per-épidémique. Les retombées scientifiques et médicales directes attendues concernent les domaines suivants : les arboviroses en particulier chikungunya, dengue zika, la leptospirose, les réservoirs animaux de la faune sauvage (en particulier les rongeurs et chauves souris) et ceux de la faune domestique (avifaune et cheptel bovin et porcin), les ectoparasites tiques et puces et les maladies qu’elles transmettent (typhus murin, rickettsioses), les infections respiratoires à potentiel épidémique.

            - Retombées technologiques
L’implantation de l’UMR PIMIT sur la plateforme de recherche CYROI permettra l’accès, l’optimisation et la valorisation des installations technologiquement avancées disponibles sur le site, en particulier le Petscan (petit animal) et les ressources biotechnologiques. La perspective d’extension du CYROI avec la mise en place d’un ensemble intégré P3/I3/A3 offrira un outil de soutien unique dans la région qui pourra servir de hub scientifique pour toute la région océan indien car il n’aura pas d’équivalent autre que ceux installés en Afrique du Sud, en Inde et en Australie. La collaboration avec l’antenne satellitaire permettra de valoriser les observations collectées par la station dans le cadre de programmes d’évaluation des risques.

            - Retombées économiques
Les retombées économiques du projet sont directes et indirectes. La mise en place d’une politique préventive des risques épidémiques basée sur la veille scientifique conduite par l’UMR participe indirectement à l’atténuation de l’impact socio-économique des épidémies et à la promotion d’un tourisme à risque maîtrisé. L’UMR PIMIT contribuera au développement de la technologie de l’insecte stérile par programme TIS (Technique de l’Insecte Stérile) lancé par le CRVOI durant la période 2008-2013 pour le contrôle des populations vectorielles d’Aedes albopictus. Il est très vraisemblable qu’elle utilisera aussi également la technologie Wolbachia IIT (Incompatible Insecte Technique).
Le programme de recherche PIMIT implique également le développement d’outils diagnostics améliorés, relatifs aux risques infectieux régionaux, en particuliers pour les arboviroses et la leptospirose pour lequel une politique d’acquisition de brevets sera systématique développée et valorisée par la cession à des startups et au secteur économique. La proximité des installations des startups au sein même du CYROI facilitera cette émergence.

Positionnement régional, national et international du projet scientifique et de l’équipement.


Positionnement régional. L’UMR PIMIT concourt à la configuration des départements recherche en santé (DRS) du Centre Hospitalier Universitaire et aux actions de formation et de recherche  de la Fédération Biodiversité Environnement Santé de l’Université de La Réunion.  Ses  actions de recherche complètent celles de DéTROI et ENTROPIE, du CIC EC, de veille épidémiologique à la Réunion et Mayotte assumée par la CIRE et des actions conduites par les directions spécialisées de l’Agence Régionale de Santé Océan Indien (en particulier dans le domaine de la LAV). La position géographique avancée de Mayotte qui l’expose aux problèmes infectieux de la République des Comores, à proximité du pôle émetteur Est africain est à cet égard à souligner et justifie les programmes de l’UMR ciblant spécifiquement cette région ainsi que la collaboration établie avec l’Instituto Nacional de Salud de Maputo au Mozambique et les partenaires d’Afrique du Sud. Globalement PIMIT poursuivra l’action régionale du CRVOI, et ses programmes sont projetés à Madagascar, Seychelles, Comores, Maurice ainsi que le partenariat avec la commission de l’Océan Indien dans le cadre du programme d’épidémiologie du réseau SEGA.


Positionnement national.  L’UMR PIMIT implique les enseignants-chercheurs de l’Université de La Réunion et des chercheurs de l’INSERM, du CNRS et de l’IRD. Elle inscrit son action dans une riche collaboration avec des partenaires nationaux qui incluent: CIRAD, Institut Pasteur, ANSES, UMR5290 MIVEGEC (CNRS, IRD, Université Montpellier), UMR5175 CEFE (CNRS Université Montpellier 2), UMR-S 945 Immunité et Infection, UMR190 Emergence des Pathologies Virales (Université AIX-Marseille-IRD), UMR-S 707 (INSERM, Epidémiologie, Systèmes d’information, Modélisation), UMR5557 Ecologie Microbienne (CNRS, INRA, VetAgro Sup, Université Lyon 1), ISEM (CNRS, IRD, Université Montpellier 2), UMR198 URMITE (Université AIX-Marseille). Cette riche collaboration renforce l’intégration scientifique de La Réunion dans le tissu scientifique français dans un domaine où son positionnement géographique en zone d’émergence infectieuse lui donne un avantage comparatif certain.


Positionnement international. PIMIT est riche des collaborations déjà établies avec les partenaires européens dans le cadre du PCRD. Elles concernent en particulier l’Université de Tartu, Pirbright Institute, University of Liverpool, University Bonn, University of Queensland, University of Malaya, University of Pretoria (South Africa), University of Kentucky (USA), CR ENEA (Italie). La thématique des maladies infectieuses est pour l’île de La Réunion un créneau ou elle peut viser l’excellence à l’échelle internationale. A l’échelle de l’Union Européenne, il convient de relever le fait que 80% de sa biodiversité est localisée dans ses régions ultrapériphériques. PIMIT collaborera avec les observatoires tropicaux de surveillance des émergences de maladies infectieuses. Elle participera à une détection  plus précoce et apportera une expertise régionale aux pays en développement environnants.


L’inscription du projet PIMIT dans les axes prioritaires retenus par l’Etat
Le projet  PIMIT s’articule avec la SNRI outre-mer – STRATOM. En particulier dans le domaine de la santé et du bien-être ainsi que de la sécurité alimentaire, et cela à travers la lutte contre les risques épidémiques pour l’homme et l’animal de rente de même que la lutte contre les nuisances environnementales des moustiques hématophages et des rongeurs nuisibles. Ce projet s’appuie sur le développement d’outils biotechnologiques adaptés aux risques émergents, en particulier les trousses diagnostiques et les contrôles vectoriels biologiques plus respectueux de l’environnement. L’expertise de PIMIT sera mise au service des actions de veille, d’alerte et de réponses aux urgences à ancrage environnemental (arboviroses) et écotechnologies (émergence de souches bactériennes et virales résistantes aux biocides). Au delà des aspects strictement sanitaires, le projet PIMIT s’articule également avec les axes de spécialisation S3. Il s’agit en  particulier  dans l’innovation sociale à travers la mise au point d’outils nouveaux de contrôle de  moustiques nuisibles et vecteurs de pathogènes, ainsi que dans l’économie des capacités par la valorisation de la plateforme de recherche CYROI mise au service de l’ensemble des pays de l’océan indien en tant que hub scientifique et technologique. De plus, la lutte et la prévention contre les risques infectieux autorisent le développement d’un tourisme aux risques maîtrisés.


Cohérence avec les orientations stratégiques régionales de recherche et d’innovation et avec la stratégie de site.
Le projet PIMIT est en cohérence avec la politique de site puisqu’il permet la valorisation de la plateforme CYROI et des capacités hospitalo-universitaires dans une recherche translationnelle intégrées dans le cadre de ressources humaines et matérielles mobilisées. La thématique ‘maladies infectieuses et immunopathologies’ est considérée comme un des  3 axes prioritaires dans la convention de recherche HU à La Réunion.

 

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